mercredi 22 octobre 2008

Néoprene's beach

J'habite à Amwaj, à 10mn en voiture de Manama, la capitale du Royaume de Bahreïn.
Un archipel d'îlots accrochés à la terre par une simple route, baignés par la mer du Golfe turquoise, face à l'Iran et au Qatar.

N'allez pas imaginer des kilomètres de plages ourlées de palmiers. Amwaj est un polder, une terre artificielle conquise sur la mer à grand coup de pelleteuses. 
On y trouve des immeubles, des routes, des supermarchés et du sable, certes, en quantité. Mais de plage, point. A moins que l'on puisse appeler "plage" ce no man's land abandonné à son sort, ce terrain vague tout neuf, sorti de la mer par le caprice des hommes. Pas de dessins dans le sable fait par le vent et la mer... Pas de pente douce vers l'eau. Les pieds s'enfoncent dans une poudre blanche qui ressemble à une argile qu'aucun pied n'aurait jamais tassé...

Malgré tout, les expats s'échinent à fréquenter les lieux en bikini, sous les yeux amusés des pakistanais perchés dans les tours en construction des alentours. Normal, il n'y a 3 plages officielles dans le Royaume, toutes privées! (Le Marina-Club, L'hôtel Ritz et le Novotel). Reste la publique, dans le sud de l'ïle... J'ai essayé. Pas possible. Il faut avoir une certaine dose de culot (d'inconscience?) pour se mettre en maillot sur une plage bondée de saoudiennes en vacances. Et je ne suis pas encore psychologiquement prête à adopter le costume de bain local: un élégant modèle d'abbaya noire en néoprène "spécial bain", qui couvre le corps des cheveux aux pieds. Inutile de vous dire que les cas de malaises et de noyades sont fréquents. Le néoprène, c'est bien sous l'eau mais c'est moyen pour "bronzer" par 40°C.

Heureusement, chez moi à Amwaj, il n'y a pas souvent de Saoudiens: les 15 shoppings-centers de l'île sont trop loin pour eux. Il y a des expats qui aiment la mer et des Barheïnis qui aiment la fête. Quoi de mieux qu'une grande terrasse avec piscine pour faire une "Full Moon Party"? La dernière, c'était chez Christian, un charmant libanais de D.H.L.  J'ai râlé toute la soirée de ne pas avoir pris mon appareil photo: imaginez une tour de babel dorée, un mini-monde privilégié dansant sur fond d'electro-lounge, passant de l'anglais à l'arabe ou au français allongés sur les coussins posés face au grand bleu... Sans les shihas, mezzes et shaoarmas, j'aurais pu me croire à Miami. C'est le luxe de Amwaj: de l'espace face à la mer. Une vue turquoise du matin au soir, et le vent du large...

En parlant de vent, ceux qui en profitent le plus sont les  kite-surfers. Ils viennent de tous les coins du monde pour "kiter" ici: le zef souffle tous les jours, il fait chaud, la mer est plate, avec peu de fond. Le paradis. Manque les noix de coco à boire et une bon petit air de Reggae... Mais à Bahreïn, on commence à comprendre que les Saoudiens ne sont pas si funs que ça. Dans un an maximum, on fêtera l'ouverture de la 1ère paillote de plage... La mienne? ;-) 


Prise de tête:

"The reasonable man adapts himself to the world. The unreasonable one persists in trying to adapt the world to himself. Therefore, all progress depends on the unreasonable man". George Bernard Shaw (1856 - 1950)